La veganophobie bouffe les pissenlits par la racine

Je sais pas pourquoi j'ai fait ce titre, mais je l'aime bien alors il va rester.
J'ai récemment lu un énième article expliquant en quoi la veganophobie existait, et je ne sais pourquoi, c'est cet article qui m'a fait poser le mot sur le concept qui pose problème à un paquet de personnes quant aux oppressions, à savoir une confusion entre oppression et pression sociale. Je n'ai aucune idée de si ça a été abordé ailleurs, et à vrai dire peu m'importe, c'est mon blog, et je l'utilise autant pour partager des pensées que pour me souvenir de celles-ci, ayant une mémoire... aléatoire.
Cette confusion amène régulièrement les personnes à supposer que les hommes subissent aussi du sexisme, que la veganophobie existe ou que la minçophobie/maigropphobie est une réalité. Faisons donc un point sur la pression sociale. Celle-ci n'est pas nécessairement un marqueur d'oppression. Il y a des pressions sociales qui en font parti (les femmes doivent se faire belle, prendre soin de leur corps etc. par exemple), il y en a qui sont hors de tout système d'oppression. Un exemple ? Allons-y.
Envoyer ses enfants à l'école. Rappelons qu'en France, AUCUNE loi ne vous oblige à envoyer vos enfants à l'école. La seule chose obligatoire est l'enseignement, pas l'école en elle-même. Pour autant, il y a une pression à le faire. Cette pression pourra être renforcée, parfois de façon très importante, en fonction des oppressions, mais elle existe en dehors d'elles. De la même manière, il y a une pression sociale à ne pas parler à voix haute dans une bibliothèque. Vous me direz que là, c'est le règlement/la loi, mais le règlement/la loi peut aller dans le sens de la pression sociale, contre elle, ou en être exclu. Ici, il n'y a pas que les bibliothécaires qui pourraient réagir, mais bien l'intégralité des personnes présentes. Un autre ?Allons-y.
Boire de l'alcool. Il y a pression sociale à boire de l'alcool. Toutes les personnes n'en buvant pas pourront vous en parler, et cette pression peut être plus ou moins forte, allant parfois jusqu'à faire boire une personne sans son consentement. Et malgré ces violences, ce n'est pas une oppression.

La pression sociale est une constante à toute forme de groupement. Dès l'instant où des individus se regroupent, des codes sociaux se mettent en place, et une pression, plus ou moins forte, plus ou moins agressive, se met en place. Dans le milieu militant, il y a une pression à connaître le b.a.-ba du militantisme, une pression à la remise en question immédiate, et une pression à la colère par exemple. Ces pressions sont parfois visibles par les violences (sur les personnes ne présentant pas une remise en question immédiate par exemple) ou au contraire par le nombre de Followeur/les applaudissement et autre (la pression à la colère, être en colère dans les milieux militants est une bonne chose, ça rapporte du follow. les sujets de rage sur X/Y sont bien plus Retweetés/partagés que les sujets d'analyses).

L'oppression, elle, créé deux groupes au sein de la population, l'un bénéficiant de celle-ci, l'autre la subissant, et les deux groupes étant liés par un lien hiérarchisant. Les hommes, peu importe à quel point on peut être en accord avec les luttes féministes, bénéficient du sexisme. Celui-ci nous permet une meilleure qualité de vie (facilité à trouver un emploi), ou des avantages du fait d'être la personne pouvant violer/tuer, avantages qui ne s'en iront pas du fait qu'on ne le fait pas, de même que refuser de se servir de l'épée que l'on a ne la fait pas disparaître. Les hommes, pour autant, subissent des pressions sociales, mais pour autant, le groupe homme bénéfice de ce système et de ce lien d'exploitation (travail émotionnel, etc.).
Vegan, c'est le fait de refuser d'exploiter des animaux. Les Vegan subissent une pression sociale à manger de la viande, c'est un fait. On peut voir jusqu'au fait de leur refuser des soins à cause du régime alimentaire. Pour autant, les Vegan bénéficient quand même de l'exploitation animale. Les Vegans sont comme les hommes allié à la cause du féminisme de l'exemple ci-dessus: des membres du groupes dominants, portant l'arme qui peut exploiter/violenter le groupe dominé (les animaux), mais refusant de s'en servir. Qu'ils se le refusent par principe ou parce que ça leur serait émotionnellement insupportable ne change rien aux bénéfices qu'ils en retirent. L'humanité toute entière s'est construite sur l'exploitation animale. Notre technologie en est issu. Même dans le cas d'une personne ayant été Vegane toute sa vie durant, le bénéfice demeure. Parce que la médecine qu'elle utilise, quand bien même elle n'utilise que celle qui n'exploite plus d'animaux... est née de celle qui en exploitait. Ce bénéfice ne peut pas être retiré.

Les Vegans sont des alliés dans une lutte pour la libération animale de l'exploitation humaine. Cela ne les rend pas opprimé pour autant. Les violences qu'iels subissent sont similaires à celles que subiront les autres types d'alliés. Les hommes alliés du féminisme en subiront également. Certes, si on se contente de clamer son féminisme partout et de partager des réflexions abstraites, on sera applaudi. Mais dès l'instant où on dénonce nommément une personne de son entourage, de son milieu, les insultes peuvent pleuvoir, et aller même jusqu'à l'agression. ça ne nous rend pas opprimé dans le cadre du sexisme. Les dominant-e-s qui refusent l'ordre de l'oppression subissent une pression sociale pour les faire rentrer dans le rang. Mais iels ne sont pas opprimés pour autant, car peu importe leur degré d'implication, iels bénéficieront TOUJOURS du système en place.

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