Fait quelques temps que j'ai remarqué certaines analogies que je trouve assez claire pour expliquer un point de vue. Alors allons-y pour la première: le stylo.

Capitalisme & humanisme: comment expliquer que le capitalisme est un système inhumain intrinsèquement.
Imaginons que le but soit d'écrire. Vous avez pour cela besoin d'un stylo. Il y a deux types de stylo: 1e ou 50cts. Les premiers durent une semaine, les seconds 4jours.
à partir d'ici, il y a deux cas. Cas 1: on ne peut acheter qu'un seul stylo. Cas 2: on peut acheter autant de stylo qu'on souhaite.
Cas 1: on achète le stylo à 1e qui permettra donc de produire pendant 1semaine. (+3jours que le stylo à 50cts)
Cas 2: on achète deux stylo à 50cts qui permettront donc de produire pendant 8jours (+1 jour que le stylo à 1e)

Ici, le stylo représente le/la travailleu-r-se, l'écriture la production du/de la travailleu-r-se, le prix représente les conditions de travail, à savoir le fait que l'on investisse ou pas dans le bien-être du/de la travailleur-se (salaire, difficulté, horaire etc.), que celle-ci "arrête de fonctionner" plus ou moins vite (maladie, mort, accidents etc.)
Comme on le voit, il n'y a que dans le premier cas, cas du plein-emploi, où l'on a un choix très limité du nombre de travailleur-ses embauchables, que la rentabilité va dans le même sens que le bien-être du/de la travailleu-r-se. Dès lors que l'on n'est plus dans le plein-emploi, le bien-être du salarié est un facteur qui pondère la rentabilité, et doit donc, certes, être pris en compte (si l'on avait un stylo à 25cts qui durait 1jour, on ne le prendrait quand même pas, car moins rentable), mais n'est pas une limite absolue, simplement une donnée comme une autre. Si l'on se fout qu'un objet se casse plus ou moins vite, il est inadmissible qu'on se fiche qu'un humain se casse plus ou moins vite

Cette analogie est simple à mon sens, car elle montre rapidement le soucis de la recherche de rentabilité comme but ultime. Cependant, il faut concevoir qu'il y a une différence entre un stylo et un humain qui pourrait être soulevé. Problème 1: un stylo n'a pas d'émotion. En effet, un humain travaille mieux s'il est heureux. C'est une des reproches souvent faits à cette analogie. Cependant, ça ne change strictement rien au problème. Cela implique juste une pondération supplémentaire, un poids plus important au bien-être du salarié, mais cela ne change pas le fait que ce bien-être n'est qu'un facteur limitant de la production et non un but en soi, donc qu'on recherche toujours une balance et non le mieux-être possible.
Problème 2: si on arrive au plein emploi, les deux seront rejoints, le but est donc de l'atteindre. Là encore la notion n'est pas pertinente. Le fait est que dans le cas d'un plein-emploi assuré, la recherche de la rentabilité semble rejoindre la recherche du mieux-être du/de la travailleu-r-se . Mais attention, cela ne signifie pas que l'on va rechercher le bien-être du /de la travailleu-r-se, simplement rechercher le maximum de bien-être pour le maximum de durée. Le fait est que, du fait du plein-emploi, le/la travailleu-r-se pourra refuser un travail, forçant petit à petit les employeur-se-s à proposer le maximum de bien-être. Mais ce n'est qu'une coïncidence, et non une réalité. En d'autres termes, cela ne fonctionnera que dans une théorie utopique, et disparaîtra dès la fin du plein-emploi.