A plusieurs reprises, j'ai eu des personnes qui m'expliquaient que l'UNAFAM, certes, étaient de mauvais alliés, mais quand même, c'est mieux que des ennemis. Et... j'avoue que je ne suis absolument pas d'accord avec ça. (pour contexte: UNAFAM, union nationale des amis et familles de malades psys, association qui a porté des lois liberticides et stigmatisantes envers les personnes souffrant de problèmes psys, et se fait passer pour "allié". Ils veulent être là à la MAD PRIDE, et y seront sans doute.) Lana avait écrit sur ce point d'ailleurs, "je préfère Sarkozy à l'UNAFAM". Et j'approuve

Je pense que pour expliquer le problème, rien ne vaut une métaphore. Considérons que vous venez d'emménager. La majorité de vos affaires sont à l'extérieur, dans la rue, et vous avez besoin d'aide pour les rentrer et ranger.
Un-e bon-ne allié-e va venir vous poser des questions sur l'emplacement d'une ou l'autre chose, sur la manière dont iel peut aider, et prendra même peut-être des initiatives, mais s'iel fait de la merde, iel corrigera.
Les ennemis vont simplement passer dans le coin, tenter de voler des affaires dans la rue. Il suffit simplement de les surveiller. On les repère, on fait gaffe, on les combats.
Le problème avec les faux alliés, c'est qu'iels font n'importe quoi. Iels ramassent une affaire, voire la poubelle du voisin et viennent la foutre dans votre chambre. Iels récupèrent votre porcelaine et l'installe dans les chiottes, iels prennent la glacière avec le repas prévu pour tout le monde et la vide dans votre lit, tout ça sans vous écouter, en refusant de se remettre en question et en vous méprisant quand vous leur dîtes d'arrêter ou de faire comme VOUS voulez, parce qu'après tout, merde, c'est VOTRE appartement que vous installez... (et qui peut même venir chouiner qu'iel ne viendra pas aider si on est méchant)
Mais du coup, iels font énormément de dégâts. Vous devez vérifier CHAQUE chose qu'iels font (ce qui au final revient à faire le travail) et si vous les perdez de vue un seul instant, il vous faut vérifier tout l'appartement au cas où. Mais en plus de ça, comme iels donnent l'impression d'aider, d'autres personnes font comme elleux. Bah oui, une personne passe, voit, et décide de filer un coup de main, suis son exemple et fait également de la merde, tout en étant persuadé de bien faire "puisqu'elle suit l'exemple". Du coup, un-e mauvais-e allié-e, ce n'est pas juste "à peine moins de travail" ni "autant de travail" c'est "plus de travail". Un-e mauvais-e allié-e, c'est même plus de travail qu'un-e ennemi-e.

J'arrête là la métaphore (qui est une illustration, un moyen d'expliquer, pas une fin en soi) pour revenir au sujet: l'UNAFAM et la Mad Pride. (by the way, celle-ci a lieu à Paris le 13 juin; je ne suis pas encore certain de pouvoir y être mais je l'espère fortement, et ce sera sans doute au cri de ralliement "ni anathème ni UNAFAM" que me proposait une connaissance)
Je ne pense pas qu'on puisse se permettre de ne pas attirer l'attention sur le danger que représente l'UNAFAM. Leur nom est extrêmement attirant pour toutes les personnes qui sont des amis/familles. Pour toute personne n'ayant pas de trouble psys, l'association qui semble la plus logique à joindre reste l'UNAFAM. De ce fait, l'UNAFAM est beaucoup plus dangereuse pour les usagèr-e-s en psychiatrie et plus généralement pour les personnes ayant des problèmes psys que des personnes militant directement pour nous enfermer. Ils sont cette personne dont je parlais, qui dit vouloir aider, fait n'importe quoi et fait de gigantesques dégâts, tant par ses actions que par le fait qu'elle en entraîne d'autres à faire de la merde à leur tour.

Donc non, on ne peut pas se permettre de laisser passer l'UNAFAM parce qu'on est peu nombreux. En fait, c'est même le contraire. Parce qu'on est peu nombreux, on peut encore moins se permettre de la laisser passer.