"Il faut écouter les concernéEs".

Combien de fois je vois ça quand on en vient à des discussions sur la maltraitance des enfants...
Puis, dans le même temps, ces mêmes personnes expliquent qu'une fessée est de la maltraitance.
Ce qui fait de moi une personne concernée.
Une personne concernée qui n'est pas d'accord avec eux.
Une personne concernée à qui on dit de fermer sa gueule, à qui on hurle dessus que c'est honteux de venir parler de sa vie alors que des personnes en meurent. (Résumons: VOUS me mettez dans le même sac que les enfants battus à mort par leurs parents et VOUS venez me reprocher ensuite de parler de mon vécu ? VOUS vous foutriez pas de MA gueule par hasard ?)
Une personne concernée à qui l'on va doctement expliquer sa vie, lui donner des informations avec condescendance, voire commencer à psychanalyser pour expliquer que tel ou tel défaut provient de la violence subie.

Dans le genre foutage de gueule et hypocrisie crasse, vous saoulez.

Oui, j'ai été fessé et giflé dans mon enfance. C'était un châtiment qui pouvait advenir pour diverses raisons que je ne justifierais pas ici parce que ce n'est pas le but de ce billet. Je n'ai aucun soucis, aucune rancune, pas le moindre petit début de sentiment d'injustice vis-à-vis de ces châtiments. Je n'ai pas l'impression que mes parents aient jamais utilisé ça par facilité, et j'irais même jusqu'à dire que pour certains cas, je leur en suis plus que reconnaissant. Et puisque je suis concerné dans ce débat, j'aimerais qu'on me respecte dans ma pensée.
Quand on vient m'expliquer que ma peur de la violence / mes problèmes de mémoires temporels / ma bizarrerie (SI) vient de là, c'est une violence. (bande de trace de pneu, vous croyez pas que j'y ai réfléchi avant pour les deux premiers ? / le troisième je vais éviter d'y répondre, je deviendrai cruel)
Quand on vient m'expliquer que je dois fermer ma gueule parce que "moi j'ai été battu à coup de ceinturons" alors que je réagis à une personne disant que "fessée = maltraitance" c'est une violence.

Quand, en fait, vous considérez que vous n'avez à écouter les concernéEs que si celleux-ci sont dans votre camp, c'est une violence. Vous voulez mettre dans le même sac de "maltraitance" l'intégralité des fessées, gifles, coups de ceinturons, de pieds et autres ? Très bien, mais alors arrêtez de taire les personnes qui ne pensent pas comme vous.


Voir partout des personnes gueuler que les défenseurs des fessées sont toujours "côtés oppresseurs" et jamais "côté victimes", c'est d'un mauvais goût douteux. Quand on a vécu des fessées & des gifles et qu'on se signale comme n'étant pas contre, on se fait basher la gueule comme le cafard arrivé dans un trois étoiles avant un passage de goûteur Michelin.

Silencier les "mauvaises" voix chez les concernéEs, et n'écouter que celles qui vont dans votre sens, pour ensuite utiliser le silence que vous avez vous-même créé comme argument pour votre cause... L'hypocrisie devient presque un sport là.


Serait peut-être temps de se regarder dans le miroir, hein.


PS: Les réactions condescendantes à la "t'es une victime qui intériorise la violence" c'est aussi un excellent moyen de silencier les voix dissidentes hein... Just sayin'.