Note: la première partie est relativement sereine, mais quand je pars sur le TW, je ne l'ai pas mis en gras pour rien, ça cogne sévère. La vie d'Artemisia Gentileschi a été dure.


Susanne et les vieillards, par Artemisia Gentileschi

A gauche, le tableau restauré. A droite, le tableau passé au rayon X, dévoilant la première intention de l'artiste. Gentileschi était une femme peintre à une époque (17ème siècle NDT) où il était très rare pour une femme d'être une artiste. Elle réussi à avoir l'opportunité de se former et d'avoir un emploi car son père Orazio Gentileschi était déjà établi en tant que maître peintre et avait insisté pour qu'elle ait une formation artistique. Il voyait, apparemment, de grandes compétences dans le travail qu'elle faisait en hobby durant son enfance. Il l'a soutenu et encouragé à résisté à "l'attitude traditionnel et la soumission psychologique aux lavages de cerveaux et à la jalousie de ses talents évidents."

Gentileschi a été largement reconnue à son époque pour ses peintures des figures féminines de la bible et de leur souffrance. Par exemple, celle présentée ici montre l'histoire du livre de Daniel. Susanne prend un bain dans un jardin quand deux vieillards viennent la regarder nue. Alors qu'elle s'arrête, ils la stoppent et lui disent qu'ils vont dire à tout cle monde qu'ils l'ont vu couché avec un jeune homme (elle est marié, donc c'est un crime punissable de mort) à moins qu'elle ne couche avec eux. Elle refuse. Ils disent leur mensonge, et elle va être mise à mort quand le protagoniste du livre (Daniel, évidemment) les arrête.

Cette peinture est sa première oeuvre majeure. Elle avait 17 ans. Pour resituer, voilà une peinture de la même histoire par Alessandro Allori, 4 ans plus tôt, en 1606:



ça ne ressemble pas vraiment à une femme menacée de faire un choix entre la mort et le viol ! Imaginez Artemisia, à 17 ans, essayant d'imaginer la scène d'une femme agressée. Et elle peint ce qui est vu à droite. Une femme horrifié, dans une terreur grotesque avec ce qui semble être un couteau posé dans sa main serrée. C'est vivant. Qui veut supposer qu'on lui a dit, probablement son père ou d'autres, d'en limiter la violence ? Les femmes ne peuvent pas avoir l'air grotesque. Une agression sexuelle ne peut pas être dépeinte comme horrifiante. Et une femme ne eut définitivement pas être vu comme ayant la possibilité de contre-attaquer. En tout cas, pas dans l'art. Les femmes doivent être douces. Elles doivent s'épuiser contre leurs ravisseurs, mais avoir toujours l'air jolie et être des demoiselles en détresse. Donc elle l'a changé.

Ce qu'il est intéressant de noter est qu'elle a poursuivi à peindre selon ses propres idées, des visions moins traditionnelles des femmes. Mais, pour le coup, ce sera plus intéressant avec le contexte.

De ce fait TW, référence au viol, à la torture, et images qui montrent de la violence et du sang
NDT: je remets un coup sur le TW, l...

Donc, l'histoire de Gentileschi continue l'année suivante, en 1611 quand son père engage Agostino Tassi, un artiste, pour être son tuteur privé. C'est à cette époque que Tassi la viole. Il va ensuite promettre qu'il l'épouserait. Il pointe ensuite le fait que si elle ne se marie pas avec l'homme avec lequel elle a perdu sa virginité, cela la ruinerait. Il la manipule émotionnellement de façon à coucher avec elle. Puis, il décide de se marier avec quelqu'un d'autre. Horrifié par la tournure des événements, elle va voir son père. Orazio la soutient à nouveau et porta plainte contre Tassi. A cette époque, le viol n'était pas techniquement un crime qui pouvait aller devant un juge, mais le fait qu'il ait pris sa virginité (et, de ce fait, techniquement "infligé des dégâts à la propriété d'Orazio". beurk) permit à ce que le jugement ait lieu. Cela durant sept moins. Durant ce temps, pour prouvé qu'elle avait dit la vérité, Artemesia dut subir des examens gynécologique et fut même torturée (des clous dans les pouces). Il fut également découvert durant le procès que Tassi avait prévu de tuer sa femme et avait une liaison avec sa soeur, tout en ayant volé de nombreuses peintures d'Orazio. Il fut reconnu coupable et fut condamné à une peine de prison de... un an... qu'il ne fit jamais car le verdict fut annulé.

A cette époque, et un peu plus tard (1611-1612) Artemisia peignit ses oeuvres les plus connues, notamment Judith décapitant Holofernes. L'histoire biblique est celle d'Holofernes, un général Assyrien menant les troupes qui envahissent et détruisent Béthulie, la patrie de Judith. Judith décide de gérer la situation en venant à lui, flirtant avec lui afin qu'il baisse sa garde et ensuite le gaver de nourriture et de vins. Après qu'il se soit endormi, Judith et sa servante prennent son épée et le décapite. Problème réglé. Le sujet était très populaire à l'époque. Voici une version du Caravage peinte entre 1598 et 1599 qui a eu une grande influence stylistique sur Artemisia

During this time and a bit after (1611-1612), Artemisia painted her most famous work of Judith Slaying Holofernes. This bible story involved Holofernes, an Assyrian general, leading troops to invade and destroy Bethulia, the home of Judith. Judith decides to deal with this issue by coming to him, flirting with him to get his guard down, and then plying him with food and lots of wine. When he passed out, Judith and her handmaiden took his sword and cut his head off. Issue averted. The subject was a very popular one for art at the time. Here is a version of the scene painted in 1598-99 by Carivaggio, whom was a great stylistic influence on Artemisia:

Cette présentation est un bon exemple de la manière dont la scène étant typiquement montré. Les artistes faisaient alors en sorte de montrer Judith commettant l'act (ou l'ayant commis) tout en essayant de la montrer détacher sa violence. De cette manière, il pouvait éviter de perdre la moralité de leur personnage et évitait de montrer une femme commettant une pareille violence. Ici, nous voyons donc une Judith jeune, apparemment délicate, habillée d'une robe d'un blanc pure. Elle tientdélicatement cet homme gigantesque et semble plutôt dégoûtée et écoeurée de devoir faire ça. Maintenant, voici le travail d'Artemisia:

Wow. C'est une scène sacrément différente. Ici, Holofernes n'a pas simplement l'air surpris de ce qu'il se passe (comme dans la peinture du Caravage où il semble juste en mode "se passe quoi ?" NDT) mais plutôt comme un homme s'étranglant dans son sang et se débattant sans succès contre ses ennemis. Le sang ici est d'un rouge moins vif que celui du Caravage mais quelque part, beaucoup plus prenant. Il semble plus réel, et gicle d'une manière beaucoup moins esthétisé que dans le travail du Caravage. Sans mentionner le fait qu'ici, Judith est très loin d'être éloigné de la violence. Elle utilisé son poids physique pour cet acte. Ses mains (semblant bien plus forte que dans ses anciennes peintures) travaillent dur. Son visage est, également, complètement différent. Elle n'a pas l'air écoeurée, mais plus déterminée. Il est aussi intéressant de voir que la servante est ici active. C'est important, parce que, durant le jugement sur son viol, Artemisia a signalé qu'elle avait crié à l'aide durant le premier viol. Spécifiquement, elle a appelé la locatair de Tassi, Tuzia. Tuzia n'a pas seulement ignoré ses appels à l'aide, mais a aussi nié que tout cela s'était produit. Tuzia était une des amies d'Artemisia, et, en vérité, sa seule amie femme. Artemisia s'est sentie profondément trahie, mais plutôt que de retourner cela contre son propre genre, cela lui a fait voir l'importance des relations et de la solidarité entre les femmes. ça peut se voir dans certains de ses travaux, et, je pense, dans celui-ci, avec l'inclusion de la servante dans l'acte.

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