Pensées #2: trois sujets qui me saoulent

Il existe trois sujets, trois sujets, qui me gonflent sérieusement tant il est impossible de débattre dessus.

Le premier est la gifle, ou plus généralement les punitions corporelles. D'un côté, on a ceux qui vont dire qu'une baffe n'a jamais tué personne, attaquer leurs adversaires en disant qu'ils ne regardent pas la réalité des enfants difficiles, qu'ils sont laxistes et responsables de la société qui se cassent la gueule, de l'autre ceux qui disent que la gifle est inacceptable, et que leurs opposants sont des parents violents, qui battent leurs enfants.
Il y a tant de questions sur ce sujet qui me hantent, mais il est impossible de les poser tant le clivage est important, tant on est immédiatement diabolisé par un camp ou l'autre, voire les deux. Quels sont les différents stades de violences ? Parce que oui, on a la gifle utilisée rarement et en derniers recours, on a ceux qui tabassent leurs enfants jusqu'à les envoyer à l'hôpital. Et entre les deux ? Quelles sont les situations ? Quels sont les profils de parents dans les différents cas ? Quels sont les profils des enfants ? Est-ce qu'il y a des biais de classe ? Quels sont-ils et comment se recoupent-ils avec le reste ? Etc. etc. Tant de questions impossibles à poser. Le biais de classe ? Pouf, on va tomber sur « les vilains ouvriers qui tabassent leur gosses parce qu'ils sont trop stupides » et « les vilains riches qui tabassent leurs gosses car ils s'en foutent d'eux. ». On ne peut même pas parler des méthodes alternatives puisque celles-ci sont directement issues de ce clivage pourri.
Impossible de parler des violences psychiques, impossible de parler des risques de dérives de la non-violence avec les non-violents, impossible de parler de la violence avec les violents, et des dégâts infligés par la moindre atteinte physique. Des deux côtés, le débat est clos, campé, clivé, insupportable.


Le deuxième sujet, c'est la propriété, le patronat etc. Impossible de parler des patrons sans avoir d'un côté les défenseurs des « pauvres patrons opprimés par le gouvernement » et de l'autre les « fumiers qui exploitent ». Qui sont les patrons ? Quels sont, encore une fois, les différents profils ? Il est évident qu'on ne peut pas amalgamer le plombier qui a monté son entreprise de zéro et le fils à papa qui hérite d'une entreprise. Et entre les deux, quels sont les situations ? Qui est propriétaire ? Est-ce que selon les endroits, les propriétaires ont des profils différents ? Est-ce que les propriétaires parisiens ont le même profil que les propriétaires de Bordeaux, que les propriétaire de Forbach ou les propriétaires de Chevenon ? Quelles sont les positions ?
À nouveau, quelles sont les situations alternatives ? Où se trouvent-elles ? On a généralement des présentations de situations alternatives, soit de façon angélique tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, soit de façon diabolisés, tout est atroce, et rien n'a changé. Je pense notamment à la même présentation d'un restaurant autogéré, la première étant que c'était merveilleux, la seconde qu'au final, c'était plus de stress, plus difficile, et que ça faisait plus de dégâts. Ok. Cool. Et des études complètes ? Genre qui regardent les deux ? Non. Rien. La responsabilité du système dans ce fonctionnement ? Comment ça se met en place, et comment ça s'est mis en place différemment ailleurs ? Très peu. Et encore une fois, oui, on peut avoir accès à des personnes vous donnant un avis, mais il sera dans 99% des cas ultra-clivé : soit parfait, soit atroce.


Le troisième sujet, c'est la prostitution. Soit on est un abolo anti-pute qui laisse des personnes dans la merde, soit on est un anti-abolo suppôt du patriarcat. « la » prostitution. Je n'ai jamais pu demander quelles étaient les différentes formes de prostitution. Est-ce qu'on peut amalgamer Maîtresse Gilda, l'étudiante qui fait ça pour payer ses études et la personne victime de traite ? Est-ce qu'il y a encore d'autres profils que je ne connais pas ? Qui sont les clients ? D'où viennent-ils ? Sont-ils répartis uniformément selon toutes les prostituées, ou y a-t-il d'autres biais ? J'ai tendance à penser que les clients ne sont pas les mêmes selon qu'ils vont chez une étudiante, chez une victime de traite ou chez maîtresse Gilda mais... j'en sais foutrement rien en fait. J'imagine. Je suppute. Et c'est même pas la peine de poser la question, ça finit toujours en flameware.


Ces trois sujets me saoulent. J'essaie continuellement d'y réfléchir, mais je crois que je vais abandonner en fait. Je me les pose pour m'en souvenir : ils sont intéressants, mais ils sont clos avant d'avoir été ouverts. Fait chier. J'aime bien débattre. J'aime pas le fait que chaque débat parte en couille et finisse par des insultes sans que rien n'ait avancé. C'est fatiguant. Tant pis. Espérons que ce soient les seuls.

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