Dernière édition: 3/10/14

Un petit billet qui inaugure une séries, à savoir la compilation de sources. Je ne suis pas bien placé pour parler de certains sujets, mais ce que je sais faire, et assez bien, c'est trouver les sources, les recouper, les chercher, et donc... pourquoi pas les compiler.

Du coup, première compilation: le racisme dans les milieux psys.

Partie 1: articles:

En Grande Bretagne, un article de la BBC indique que les hommes noirs ont 10 fois plus de probabilité d'être diagnostiqué schizophrènes que leurs homologues blancs.

Toujours en Grande Bretagne, Le Guardian nous indique que les personnes des communautés africaines et afro-caribéenne ont entre 3 et 13 fois plus de risque d'être admis en hôpitaux sous le Mental Health Act; à savoir hospitalisation forcée que ce soit à la demande d'un tiers, d'un médecin ou de la justice. De plus, ce même article du Guardian indique que les prisonniers de ces deux communautés souffrent trois fois plus de troubles psy et que ceux-ci sont plus traités par contention et électrochocs et moins par psychothérapie et traitements alternatifs que les prisonniers blancs. Ils reçoivent également des traitements plus forts.

Le même journal nous rappelle que David "Rocky" Bennett, un homme noir souffrant de schizophrénie est mort parce que les infirmiers présents n'ont pas pris en compte la violence du racisme qu'il subissait et ont considéré ses demandes comme inférieures, l'ont considéré lui, comme inférieur: Article ici

Sur cette même affaire, Harmit Athwal, qui écrit régulièrement pour "The institut of race relations" a fait, dans un article le rapport avec la mort de 12 personnes noires entre 1991 et 2003 dans les structures de Grande Bretagne.

l'ABPSI, l'association des psychologues noirs (page 3) a également rappelé que les enfants noirs se voient plus fréquemment attribuer (entre 2 et 3 fois plus) un retard mental ainsi qu'un problème émotionnel que les enfants blancs.

Philippe Thomas, MD, rappelle, dans un article sur la "psychiatrie critique" que celle-ci possède, outre un échec institutionnel dans la prise en charge, un échec moral: "La psychiatrie situe de manière consistante les origines du problème de la schizophrénie dans la biologie ou la culture de ces jeunes hommes, et pas dans les expériences de racisme et de discrimination qui caractérisent de façon éminente leurs vies. C'est un sérieux échec moral"

The guardian indique aussi dans un article que les personnes se définissant elles-mêmes comme "noirs africains" et "noirs caribéens" sont quatre fois plus nombreux que les autres populations, à l'exception d'une seule: ceux se définissant comme "nés-anglais, noirs" qui étaient 18 fois plus nombreux, mettant en lumière le fait que la confrontation au racisme aggrave voire créé des troubles psys.

Le psychiatre Kwame Mc Kenzie fait référence dans cet article qu'une enquête portant sur 32.023 patients dans 238 structures différentes a mis en lumières que les personnes noires représentaient 21% des patients contre 7% de la population, et que les personnes d'origine africaines et caribéenne étaient entre 19 et 39% plus internés sans leur consentement.

Dans un autre article, Apu Chakraborty et Kwame McKenzie développent également la réflexion sur le racisme causant des troubles psychiatriques. Ils y citent plusieurs études rappelant que le racisme serait la cause de certaines dépressions, tant aux états-unis qu'en Grande Bretagne. Dans cet article, il est fait mention de plusieurs chiffres concernant les populations africaines, caribéennes et asiatiques. Celles et ceux ayant vécu une agression verbale durant l'année précédente était trois fois plus nombreux à souffrir de dépression et 5 fois plus nombreux à souffrir de psychose, Celles et ceux dont le racisme provenait de l'employeur étaient 1.6 fois sujets à des psychoses.

Un seul article français fait référence au racisme en milieu psy en France, avec cet article sur l'internement abusif sur fond de racisme d'un jeune immigré gabonais, qui aura duré plus de six mois.

J'ajoute un lien que je n'ai pas pu consulté, mais qui existe: https://www.ncjrs.gov/App/publications/abstract.aspx?ID=178365 Je ne connais cependant pas sa valeur.

édition: 3/10/14 http://faculty.maxwell.syr.edu/jmtowsen/Publications/JT%20M%20I%20Stereotypes%20l995%20small.pdf - la population ne considère comme des troubles mentaux que les troubles majeurs (schizophrénie paranoïaque) (page 5/122) - Les psychiatres tendent à donner des diagnostics moins durs à ceux partageant le même genre / la même ethnie (page 8/129) - Les hommes noirs diagnostiqués plus facilement avec une schizophrénie paranoïd que les autres par tous les psys (blancs ou noirs), cependant légèrement moins par des psychiatres noirs que par les autres (page 8/129) - les blancs évalués par un psychiatre noir de même genre ont tendance à avoir un diagnostic plus soft (page 8/129) - les personnes de milieu économique inférieur voient moins longtemps leur psy et reçoivent moins de médicaments, cependant, s'ils sont noirs, ils les voient moins longtemps, mais en reçoivent plus et de plus fort. (page 11/134)

Si vous cherchez des articles complémentaires, je vous recommande chaudement de chercher du côté de Kwame Mc Kenzie, dont il semblerait qu'il ait fait un grand nombre d'articles et développer une très large réflexion sur ce point. J'ai également retrouvé à plusieurs reprises les textes de Harmit Athwal. De plus, le site du journal anglais de la psychiatrie est extrêmement bien documenté en référence de toute sorte (recherchez racisme, il y a une bonne dizaine de textes sur ce sujet, et croyez-moi, vu le peu de source que j'ai trouvé, dix, c'est un sacré nombre; on y retrouve d'ailleurs Philipp Thomas que j'ai mentionné plus haut)

Voilà, la première compilation est finie. C'est un peu brut, j'en conviens, mais je n'ai pas la possibilité de parler sur ce sujet, je ne le connais pas, je ne le vis pas, je ne connais pas ceux qui le vivent. Cela dit, partager ces informations me paraît plus qu'utile, alors les voilà.

Bien sur, n'hésitez pas à m'envoyer d'autres articles si vous en connaissez; je ne prétends pas avoir l'exhaustivité.