samedi 30 mai 2015

Compilation #4: Troubles psys & neuroatypie; sites d'entraides, témoignages, informations et/ou luttes

Mai était le mois pour la santé mentale. Sur twitter, vous pouvez retrouver beaucoup d'informations via le HT #endtheStigma.



Pour ma part, j'ai décidé de lister tout ce que je connaissais comme lieu d'internet de témoignage, d'entraides, d'informations et de lutte concernant les troubles psys. Il est tout à fait possible que des personnes aient eu une mauvaise expérience de l'un ou l'autre de ces lieux. D'une part, le fait qu'il y ait eu mauvaise expérience d'une personne ou l'autre ne signifie pas qu'elle sera mauvaise pour touteS. D'autres parts, je ne connais pas tous ces lieux d'entraides. Certains m'ont été donné par des connaissances, d'autres par farfouillage personnel du net etc. Donc s'il y a un site pro-unafam dans le tas ou quelque chose d'aussi immonde, ne pas hésiter à me le signaler, je l'ôterais.
Dans le même temps, si vous avez un autre lieu sur le net que vous connaissez, n'hésitez pas à me le signaler, j'aimerais bien tenir cette liste à jour autant que je le peux.
Je m'auto-pub un peu dans cette liste, j'avoue, c'est couillon, mais j'ai pas trouvé d'autres articles pour remplacer les miens; encore une fois, si vous en avez, ou en trouvez qui manque, envoyez.

I] Entraide, soutien ; méthode

a) sites communautaires

http://www.automutilations.info site d'informations et de soutiens concernant l'automutilation. Forum d'entraide (petite taille) disponible ici;

Am-entraide Forum d'entraide, grande taille, non centré sur l'automutilation malgré le titre.

Trouble du comportement alimentaire Groupe facebook d'entraide pour des personnes ayant des TCAs

ça ne va pas, aide-moi Tumblr de soutien entre individus

Vital Forum d'entraide (petite taille) non centrée sur un problème en particulier.

Espoir forum (grande taille) plus axé communauté de discussions avec de l'entraide.

BUS Forum anglais ; très grande taille ; soutien et entraide.

Bipotes forum d'entraide entre personnes bipolaires

Neuroatypie et intersectionnalité groupe entre neuroatypique 

Solidarité Anorexie-boulimie 35 Groupe d'une assoc'; elle indique aussi faire des groupes de paroles à Rennes tous les mois.

état limite forum centré sur le TPL; trouble de la personnalité limite (borderline)

Atoute.org forum tenu par un médecin, sérieux et bien modéré, avec des catégories psys.

b) méthodes ; astuces etc.
traverser une crise

Le master-post du self-care de Lah-disputes

Si vous vous sentez suicidaire lisez ceci 
version anglaise
Hotline suicide 
France
Belgique
Suisse

Très grande liste anti-automutilation
Guide des antiseptiques
Guide de premiers secours

autisme ; idées et astuces (pour enfants et parents)

II] Témoignages

blog sur les violences sexistes

les relations toxiques et comment se sauver 

Il faut parler de la folie par @JaytheNerdKid
Version originale (anglais)
Traduction

Schizophrénie;
Le blog de Lana

Dyspraxie:
Le blog d'Eli
Dyspraxic Panda
(en)

Le blog Philomele
Blog de réflexions autour du vécu traumatique et de la réappropriation des corps, de l'identité de genre, des sexualités et de l’expression pornographique.
Particulièrement, je vous invite à lire : Comprendre le PTSD après un viol.

Les voix dans ma tête ; le témoignage d'Eleanor Longden :

I do not have an eating disorder (anglais ; TCA);
BD concernant les TCAs

trouble bipolaire & schizophrénie :

La vie d'un bipolaire 

III] S'informer ; découvrir

Lelabpsy ; chaine youtube d'informations sur les troubles psys. Très bonne qualité.

gyn&co ; liste de soignantEs féministes
Note: j'ai conscience que ça peut paraître étrange pour certainEs, mais les personnes ayant des troubles psys étant bien plus victimes de violences, et notamment de violences sexuelles, cette liste me paraît on ne peut plus appropriée.

L'anorexie pour les nulles

Petit mode d'emploi face à une personne avec des troubles psys
Comment réagir ?

Introduction aux triggers warnings
Utiliser des triggers warning et pourquoi les refuser est psychophobe :
Réflexion sur les usages du trigger warning

Le compte twitter de santementale.fr: SanteMentale

courte bibliographie sur les TCAs :

III] lutte politique :

Page facebook d'SOS psychophobie, collectif féministe défendant les droits des usagèr-e-s de la psychiatrie : twitter ; @sospsychophobie

Contre l'UNAFAM :
je préfère Sarkozy à l'UNAFAM chez Blogschizo (+ globalement tous les articles taggés sur l'UNAFAM)

Psytoyens fédération belge d'associations d'usager en santé mentale :

groupe anti-grossophobie/fat-shaming :
public
privé

Droit des personnes hospitalisées sous contrainte :

vendredi 24 octobre 2014

Compilation de sources #2: Les dangers de l'humour oppressif

L'humour. Faut pas y toucher. Ah, ça non, il ne faut pas. L'humour c'est le dernier bastion, c'est sans danger. On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde. Cette citation est tellement utilisée que j'en viens à avoir du mal à regarder le tribunal des flagrants délires, c'est quand même triste. Pour autant, de nombreuses études sont trouvables de par l'internet concernant les dangers de l'humour, et pourquoi l'humour oppressif est un problème. Cet article sera donc une compilation de sources concernant l'humour. Je vais également organiser un peu plus cette compilation pour la rendre accessible directement. L'immense majorité des sources sont en anglais; les études universitaires en français seront postées avec un simple résumé rapide, celles en anglais seront un peu plus développées; je ne présenterai pas de billets de blogs en anglais (à moins que j'en trouve un trop parfait) et ne résumerait pas les billets de blogs en français.

I] Définitions nécessaires
a) Culture du viol: Culture dans laquelle le viol est excusé pour diverses raisons et dans laquelle la faute est souvent rejetée sur la victime. Plus de liens sur ce sujet: Culture du viol chez Crêpes Georgette chez madmoizelle et les mythes sur le viol

b) Propension autoproclamée au viol: Je n'ai pas trouvé l'origine de cette idée; je sais cependant qu'elle existe dans l'étude de Bohner (disponible PARTIELLEMENT ici) qui mettait en lien l'acceptation des mythes sur le viol, et, justement, cette propension autoproclamée. Comme on s'en doute, il ne s'agit pas de demander à une personne de jauger sa capacité à violer. On la confronte simplement à des scénarios de viols sans que le mot "viol" ne soit prononcé et on lui demande de juger (soit par un oui/non, soit sur une échelle) la possibilité qu'il ait agi de la même manière.

c) Humour oppressif
Tout type d'humour basé sur l'une des oppressions de la société. On s'attardera, dans cette compilation, comme l'indique son titre, sur l'humour oppressif.

II] Compilation de sources

Je commencerais par l'étude d'Alan Dundes, car elle est une bonne introduction à "pourquoi faut-il analyser l'humour": Alan Dundes, professeur de l'université de Californie a publié sur ce sujet, cela dit, non disponible sur le net; dans un livre intitulé "Cracking Jokes: Studies of Sick Humor Cycles and Stereotypes" (Blagues géniales, étude des cycles l'humour noir et des stéréotypes). Ce livre met notamment en lumière que l'humour peut servir pour déculpabiliser face à une situation; mais aussi qu'il met en lumière les inquiétudes des individus. Il prend notamment par exemple les blagues sur les blondes et les relie à la difficulté masculine face aux changements féminins. Son étude indique clairement que l'humour DOIT impérativement être étudié puisqu'il est le reflet de la société.

étude de Thomas E. Ford et Mark A. Ferguson, professeurs de sociologie à l'université du Michigan cette étude montre que les blagues à l'encontre d'un groupe ont pour effet de renforcer l'hostilité à l'égard de ce groupe lorsqu'elles sont acceptées par la société. Un homme sexiste mis face à une blague sexiste renforce son sexisme. L'étude indique également que le fait d'être mis en face d'une phrase sexiste ne renforce pas le sexisme d'un individu, alors qu'une blague sexiste le renforce. (page 4) C'est ce qui a créé "la théorie de la norme préjudiciable" Cette théorie de "la norme préjudiciable" (Prejudiced Norm) indique que lorsque l'on fait une blague préjudiciable, cela met en place une idée de "légèreté de la discussion", laquelle résulte en un état d'esprit "non sérieux" de la part du receveur, conduisant à rejeter la critique du message. En d'autres termes, une blague sexiste rend plus tolérant au sexisme.

La plus ancienne étude de l'humour est sans conteste celle de Freud, dans Les blagues et leur relations avec l'inconscient. Il y met notamment en valeur que les blagues ont un effet cathartique, empêchant un individu d'exprimer directement son hostilité envers un groupe d'une "façon plus destructrice". ("in a more destructives ways")

L'étude de Sev'er et Ungar (disponible ici indique que l'humour est également une sorte de maintien du contrôle social par ses dominants. Cette étude montre que les femmes universitaires (diplômées) sont beaucoup plus inquiètes par la violence de l'humour que leur camarades hommes, mais que ceux-ci sont également plus inquiets que les étudiants hommes considérant la violence comme fantasmée.

L'étude de Renatus With Fantel et Hans Hartogs ( ( Four-Letter Word Games: The Psychology of Obscenity ), non disponible sur le net également, indique que les hommes font plus de blagues, plus crues et apprécient plus les blagues sexistes que les femmes. Les femmes sont également plus enclines à préférer l'auto-dérision. De plus, dans le monde du travail, les hommes plus haut dans la hiérarchie sont plus enclins à faire des blagues sexistes en présence de femmes, et ce, bien plus que les femmes.

Ayant déjà cité l'étude de Bohner (définition de la propension autoproclamée au viol), étude dans laquelle est mise en relation la propension autoproclamée au viol et l'appréciation des blagues sexistes, je termine avec une étude de l'université de l'Iowa (disponible intégralement ici), qui analyse la différence dans cette propension entre celle du viol d'une connaissance et du viol d'inconnu-e. L'étude confirme que la propension autoproclamée de viol d'une connaissance augmente lorsque mis en face de blagues sexistes, tandis que la propension de viol d'inconnue n'augmente pas. La propension autoproclamée de viol d'inconnu.e ne change d'ailleurs pas selon que l'on ait été mis en face de blagues sexistes ou non-sexistes. Les hommes mis face à des blagues sexistes sont également plus enclins à blâmer les victimes de viol par une connaissance. Même les hommes mis face à des blagues non-sexistes blâment plus les victimes de viols par une connaissance que les victimes de viols par un inconnu. Les hommes mis face à des blagues sexistes sont également plus enclins à limiter la peine prévue et à percevoir le viol comme moins grave si le viol a été commis par une connaissance. Lorsque le viol a été commis par un étranger, le fait d'être mis face à des blagues sexistes ou non-sexiste ne change pas le résultat de façon significative


Je terminerai par quelques articles en Français. Bien sur, il y a ceux d'Une heure de peine, les plus connus je pense. J'y ajouterai celui d'égalitariste.net et la BD de mirionmalle.

mardi 23 septembre 2014

compilation de sources #1: le racisme dans les milieux psys

Dernière édition: 3/10/14

Un petit billet qui inaugure une séries, à savoir la compilation de sources. Je ne suis pas bien placé pour parler de certains sujets, mais ce que je sais faire, et assez bien, c'est trouver les sources, les recouper, les chercher, et donc... pourquoi pas les compiler.

Du coup, première compilation: le racisme dans les milieux psys.

Partie 1: articles:

En Grande Bretagne, un article de la BBC indique que les hommes noirs ont 10 fois plus de probabilité d'être diagnostiqué schizophrènes que leurs homologues blancs.

Toujours en Grande Bretagne, Le Guardian nous indique que les personnes des communautés africaines et afro-caribéenne ont entre 3 et 13 fois plus de risque d'être admis en hôpitaux sous le Mental Health Act; à savoir hospitalisation forcée que ce soit à la demande d'un tiers, d'un médecin ou de la justice. De plus, ce même article du Guardian indique que les prisonniers de ces deux communautés souffrent trois fois plus de troubles psy et que ceux-ci sont plus traités par contention et électrochocs et moins par psychothérapie et traitements alternatifs que les prisonniers blancs. Ils reçoivent également des traitements plus forts.

Le même journal nous rappelle que David "Rocky" Bennett, un homme noir souffrant de schizophrénie est mort parce que les infirmiers présents n'ont pas pris en compte la violence du racisme qu'il subissait et ont considéré ses demandes comme inférieures, l'ont considéré lui, comme inférieur: Article ici

Sur cette même affaire, Harmit Athwal, qui écrit régulièrement pour "The institut of race relations" a fait, dans un article le rapport avec la mort de 12 personnes noires entre 1991 et 2003 dans les structures de Grande Bretagne.

l'ABPSI, l'association des psychologues noirs (page 3) a également rappelé que les enfants noirs se voient plus fréquemment attribuer (entre 2 et 3 fois plus) un retard mental ainsi qu'un problème émotionnel que les enfants blancs.

Philippe Thomas, MD, rappelle, dans un article sur la "psychiatrie critique" que celle-ci possède, outre un échec institutionnel dans la prise en charge, un échec moral: "La psychiatrie situe de manière consistante les origines du problème de la schizophrénie dans la biologie ou la culture de ces jeunes hommes, et pas dans les expériences de racisme et de discrimination qui caractérisent de façon éminente leurs vies. C'est un sérieux échec moral"

The guardian indique aussi dans un article que les personnes se définissant elles-mêmes comme "noirs africains" et "noirs caribéens" sont quatre fois plus nombreux que les autres populations, à l'exception d'une seule: ceux se définissant comme "nés-anglais, noirs" qui étaient 18 fois plus nombreux, mettant en lumière le fait que la confrontation au racisme aggrave voire créé des troubles psys.

Le psychiatre Kwame Mc Kenzie fait référence dans cet article qu'une enquête portant sur 32.023 patients dans 238 structures différentes a mis en lumières que les personnes noires représentaient 21% des patients contre 7% de la population, et que les personnes d'origine africaines et caribéenne étaient entre 19 et 39% plus internés sans leur consentement.

Dans un autre article, Apu Chakraborty et Kwame McKenzie développent également la réflexion sur le racisme causant des troubles psychiatriques. Ils y citent plusieurs études rappelant que le racisme serait la cause de certaines dépressions, tant aux états-unis qu'en Grande Bretagne. Dans cet article, il est fait mention de plusieurs chiffres concernant les populations africaines, caribéennes et asiatiques. Celles et ceux ayant vécu une agression verbale durant l'année précédente était trois fois plus nombreux à souffrir de dépression et 5 fois plus nombreux à souffrir de psychose, Celles et ceux dont le racisme provenait de l'employeur étaient 1.6 fois sujets à des psychoses.

Un seul article français fait référence au racisme en milieu psy en France, avec cet article sur l'internement abusif sur fond de racisme d'un jeune immigré gabonais, qui aura duré plus de six mois.

J'ajoute un lien que je n'ai pas pu consulté, mais qui existe: https://www.ncjrs.gov/App/publications/abstract.aspx?ID=178365 Je ne connais cependant pas sa valeur.

édition: 3/10/14 http://faculty.maxwell.syr.edu/jmtowsen/Publications/JT%20M%20I%20Stereotypes%20l995%20small.pdf - la population ne considère comme des troubles mentaux que les troubles majeurs (schizophrénie paranoïaque) (page 5/122) - Les psychiatres tendent à donner des diagnostics moins durs à ceux partageant le même genre / la même ethnie (page 8/129) - Les hommes noirs diagnostiqués plus facilement avec une schizophrénie paranoïd que les autres par tous les psys (blancs ou noirs), cependant légèrement moins par des psychiatres noirs que par les autres (page 8/129) - les blancs évalués par un psychiatre noir de même genre ont tendance à avoir un diagnostic plus soft (page 8/129) - les personnes de milieu économique inférieur voient moins longtemps leur psy et reçoivent moins de médicaments, cependant, s'ils sont noirs, ils les voient moins longtemps, mais en reçoivent plus et de plus fort. (page 11/134)

Si vous cherchez des articles complémentaires, je vous recommande chaudement de chercher du côté de Kwame Mc Kenzie, dont il semblerait qu'il ait fait un grand nombre d'articles et développer une très large réflexion sur ce point. J'ai également retrouvé à plusieurs reprises les textes de Harmit Athwal. De plus, le site du journal anglais de la psychiatrie est extrêmement bien documenté en référence de toute sorte (recherchez racisme, il y a une bonne dizaine de textes sur ce sujet, et croyez-moi, vu le peu de source que j'ai trouvé, dix, c'est un sacré nombre; on y retrouve d'ailleurs Philipp Thomas que j'ai mentionné plus haut)

Voilà, la première compilation est finie. C'est un peu brut, j'en conviens, mais je n'ai pas la possibilité de parler sur ce sujet, je ne le connais pas, je ne le vis pas, je ne connais pas ceux qui le vivent. Cela dit, partager ces informations me paraît plus qu'utile, alors les voilà.

Bien sur, n'hésitez pas à m'envoyer d'autres articles si vous en connaissez; je ne prétends pas avoir l'exhaustivité.

jeudi 17 avril 2014

L'art de foutre la merde

Foutre la merde dans un débat est tout un art, une notion dont on ne se rend pas forcément compte, d'ailleurs, de prime abord. Si de nombreuses personnes connaissent les moisissures argumentatives (sinon, je vous invite à aller les voir ici: http://www.zetetique.fr/images/stor...), peu savent que, dès lors qu'on est sur le net, il existe également des méthodes de manipulation destinées à agresser l'autre. Je me concentrerai ici sur les techniques Internet, mais sachez que certaines peuvent être également utilisées dans la vie courante.

Voyons donc rapidement ces petites techniques de manipulation. À l'attention des modérateurs et administrateurs de forums, ces techniques, plus encore que dangereuses pour le débat, sont des techniques qui peuvent pourrir des forums entiers, et non seulement poser des soucis à un sujet unique.

I] Le transtopic
Très peu connu, le transtopic fait référence à un hors-sujet ou un rapprochement entre deux sujets. (De trans, passer à travers, et topic, les sujets) Cette méthode peut se trouver de deux façons différentes. Il existe, tout d'abord, le transtopic d'amalgame, qui va faire un rapprochement entre deux sujets et finir par les orienter tout deux en un seul et unique débat.
Ce sera, par exemple, un sujet sur le communisme dans lequel un participant va proposer l'alternative capitaliste, alors qu'il existe un sujet sur le capitalisme. Le transtopic d'amalgame est très difficile à gérer, car il se trouve à l'extrême limite du débat. Pour autant, ce type de message créé une collision entre deux sujets, et finit par empêcher le débat. L'un des réflexes alors est de se demander si l'on a ouvert le sujet par erreur, ou si l'on a affaire à du transtopic.

Le second type de transtopic est le transtopic allusif qui est le fait de faire allusion à un sujet dans un autre. En général, d'ailleurs, de nombreux autres. Cette méthode est de transtopic est extrêmement agressive. Ce sera, par exemple, fait référence aux positions philosophiques d'une personne qu'elle a expliqué dans un sujet, et le confronter à celles-ci dans un autre. En effet, s'il est possible de faire l'inverse dans ce cas précis (prendre la position de quelqu'un dans un sujet, et en parler dans le sujet philosophique), c'est, justement, parce que l'un des deux sujets concerne la pensée en elle-même. Mais le faire dans l'autre sens revient littéralement à harceler un individu. Cela, de plus, détourne totalement le sujet en question, et le réduit à une confrontation entre deux individus.

Le danger du transtopic, qu'il soit d'amalgame ou allusif, reste le même. Il réduit les sujets à une confrontation entre celui qui fait le transtopic et celui ou ceux visé(s) par son message, et met en place un phénomène d'agression, tout en fermant brutalement le débat.
Si vous voulez savoir si vous avez affaire à du transtopic, et non simplement à un rapprochement, il suffit de considérer plusieurs points:
1- Le message, au sein d'une conversation multiple, est-il adressé à une seule personne ?
Les messages de transtopics sont généralement à l'attention d'une seule personne. 2- Le message s'intègre-t-il à la conversation ou la modifie-t-il en profondeur ?
Les messages de transtopics ne s'intègrent pas à une conversation, il modifie le sujet de celle-ci. 3- Est-ce que, si nous étions dans une discussion autour d'une table, ce message serait accepté par les interlocuteurs ?
Dans beaucoup de cas, le transtopic, particulièrement allusif, est un discours à deux. Si vous étiez cinq à discuter, accepteriez-vous qu'un en apostrophe un autre et ne vous laisse pas poursuivre votre discussion pour parler d'un débat d'il y a trois jours ? Non. 4- Le message aurait-il pu être strictement le même dans un autre sujet ?
Si un message peut exister dans un sujet comme dans un autre, alors le message ne devrait être ni dans l'un, ni dans l'autre, mais généralement en messagerie privée.


II] Le missspell.
Certains connaissent déjà le misgender, cette manière qu'on peut avoir de parler d'une femme au masculin ou d'un homme au féminin, qui est, au mieux humiliante lorsque c'est un compliment, au pire purement et simplement une méthode d'insulte.
Le missspell est également une méthode de violence mais plus présente sur le net que dans la vie réelle car se basant sur les pseudonymes. Si personne n'oserait vous appeler Alalisse quand vous vous nommez Alice, en revanche, sur internet, les erreurs sont courantes. Les pseudonymes, aisément complexes, ont permis de développer cette méthode d'agression, à savoir le fait de détourner un pseudonyme, soit en lui accolant constamment des fautes aléatoires. Dans certains cas, elles n'hésitent même pas à carrément faire des jeux de mots avec les pseudonymes de l'autre, ou à l'écrire, en début ou en fin de texte, de manière correcte.
Cette méthode est particulièrement perverse, car elle se confond aisément avec une simple erreur. Il faut alors regarder si la personne s'est vu signalée son erreur, la lui signaler, et exiger qu'elle y fasse attention.
Une méthode particulièrement perverse du misspell consiste à prêter des propos à quelqu'un qui ne sont pas de lui, mais d'un autre, et ce, en rapprochant les deux pseudonymes. Cette méthode est plus rare mais elle existe, tout comme son inverse, prêter des propos de quelqu'un à un autre, tout en s'insurgeant violemment.


III] La fausse-amitié
Ahh, la fausse-amitié. Cette méthode d'agression est simple, et surtout, n'est pas repérable par tous les lecteurs d'un sujet. En effet, cette méthode est celle consistant à faire une blague, ou à faire semblant de rire à une personne dont on sait qu'elle ne nous supporte pas. Ainsi, un simple clin d'oeil, ce qui semble être juste un mot taquin de la part de quelqu'un, peut se révéler être une véritable agression si l'on sait que les deux ne peuvent pas se supporter. La fausse-amitié a pour but de placer l'autre personne dans un sentiment inconfortable. Elle n'advient pas lorsque les deux individus se trouvent en train de s'énerver l'un contre l'autre, mais bien après que l'antagonisme se soit installé.
La Fausse-amitié peut également être vue comme une méthode pour se réconcilier, mais il convient, là aussi, de savoir distinguer très clairement les messages qui apportent quelque chose à une discussion, de ceux qui n'apportent qu'une réflexion taquine. Il convient d'apprécier une situation dans son ensemble pour voir si oui ou non on a affaire à quelqu'un qui agresse de cette manière
Le danger principal de cette méthode est que la personne, mise dans une position inconfortable, peut brutalement s'énerver, et se faire sanctionner parce que la modération n'aura pas pu voir "le soucis dans le message".


IV] Le directpost
Le directpost est une méthode également très perverse d'agression qui consiste à poster juste après quelqu'un, et ce, dans n'importe quel sujet, soit pour répondre à ses propos, soit pour, au contraire, les ignorer et poursuivre la discussion. Le directpost est également une méthode de déstabilisation qui force une personne à constamment s'occuper de l'autre, que ce soit parce qu'il va falloir lui répondre, ou simplement parce qu'il va constamment voir que la personne parle après lui. Le directpost donne la sensation d'être suivi, épié au fur et à mesure de ses propos, et peut aisément pousser la personne agressée à s'énerver, une fois de plus, devant un message qui ne semble pas poser de soucis, de prime-abord.



V] L'ignorance allusive
Une dernière méthode de déstabilisation est l'ignorance allusive, c'est à dire le fait de parler d'une personne sans s'adresser à elle, parfois en la mentionnant à la troisième personne, alors que celle-ci a répondu dans le sujet, parfois sans la mentionner, mais en la citant, parfois, sans mentionner ni citer. La troisième est la plus complexe à repérer, mais, fort heureusement, la moins agressive. La plus agressive, étant de citer sans mentionner la personne que l'on cite, puisque celle-ci saura immédiatement qu'on parle d'elle, mais ce sera comme un "message privé au vu de tous".



Voilà, j'ai noté quelques méthodes de manipulation et d'agression sur internet. Peut-être en rajouterai-je dans le futur, mais celles-ci sont les plus courantes qu'il m'ait été donné de voir. Précisons, mais est-ce bien utile, qu'elles peuvent se cumuler au sein d'un seul et même message.